ABADLA LE GRAND GUIR

La plaine d’abadla, une de plus importantes contrées est encerclée par plusieurs chaînes montagneuses.Les forets constituent souvent, par leurs présences, un facteur essentiel de maintien de la fertilité et protégent l’Oued Guir contre l'érosi

22 juin 2013

NOUS SOMMES JUSTE UNE PETITE MAILLE DANS LA CHAINE DU VIVANT


PORTRAIT : PIERRE DE SARIAC

De lenseignement à la Ferme aux Loisirs en passant par lapiculture, Pierre De Sariac a un parcours très riche ! Avec en fil rouge la passion pour la nature et sa complexité.

 Je suis natif de la région parisienne, j’ai fait des études de biologie avant d’enseigner dans une école horticole classique, tout en étant déjà sensibilisé à l’agriculture biologique. Puis j’ai bifurqué, je suis devenu apiculteur. Ma femme étant de Roubaix, je suis venu m’y installer et je me suis investi à la Ferme aux Loisirs comme bénévole, puis j’y ai travaillé comme encadrant technique. J’ai essaimé des ruches dans diverses associations : Angle 349, les Jardins de Traverse, et sur les toits de la Condition Publique.

Recoloniser les campagnes

Les abeilles sont aujourd’hui en difficulté, et cela du fait de l’activité humaine. Je le vois de façon concrète. Je n’ai aujourd’hui plus que 25 ruches alors que j’en ai eu 250 dans le passé. Ces insectes jouent un rôle capital pour la pollinisation. Mais en créant des écosystèmes hypersimplifiés (je pense à ces immenses champs de maïs à perte de vue), les Hommes ont créé un désert en terme de biodiversité.En un siècle, notre société hyperindustrialisée a occasionné des dégâts énormes sur l’environnement.Pierre Rabhi a raison : le remède à la crise sera de recoloniser nos campagnes, de gré ou de force. Il faut reconquérir de l’autonomie, recréer de petites parcelles cultivées sans pesticides. Cela n’exclut pas de profiter des connaissances scientifiques les plus récentes en matière de microbiologie. Mais il faut arrêter d’utiliser ces produits chimiques nocifs pour la nature. Aujourd’hui, on fait de la culture intensive en prétendant que c’est moins cher pour le panier de la ménagère, mais on ne parle pas du coût globa énorme en terme de destruction des éco-système.Quant aux OGM, non seulement il n’est pas prouvé qu’ils ne soient pas nocifs pour la santé, mais leur plus gros inconvénient est de rendre l’agriculteur dépendant de multinationales.

Le travail de la terre dévalorisé

Le problème est que le travail de la terre et le travail manuel sont méprisés. Nous sommes passés à la civilisation de cols blancs. Cela n’attire pas les foules vers l’agriculture. D’autre part, il y a une inertie du monde agricole, qui a peur d’un retour en arrière. Pourtant, la demande en produits d’agriculture biologique est forte. Il faudrait arriver à les convaincre de se convertir au bio. Ils y auraient intérêt, même pour leur santé : ce sont eux qui payent le plus lourd tribut à l’utilisation de produits chimiques : cancers, enfants malformés..Je mène des actions de sensibilisation sur le compost,il est prévu de proposer du fumier composté aux jardins familiaux de Roubaix. Le fumier est une mine d’or , c’est la clé de voute de la fertilisation ! Et puis j’ai un autre projet : il s’agirait de faire venir des enfants de Roubaix sur un terrain proche situé en Belgique, ils apprendraient à récolter et cuisiner des légumes. J’y installerai un rucher-école. je pourrai expliquer que si une abeille est intoxiquée, l’humain aussi le sera. Il faut éduquer les jeunes : ils seront le moteur du changement

Dans la mentalité occidentale, l’Homme considère qu’il ne fait pas partie de la nature. Il se prend pour Prométhée, se croit supérieur, c’est ce qui a poussé à cette situation d’artificialisation extrême. Il faut refaire confiance en la nature, qui ne se laisse pas schématiser. Nous sommes juste une petite maille dans la chaîne du vivant

Posté par BELAID Tahar à 13:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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