ABADLA LE GRAND GUIR

La plaine d’abadla, une de plus importantes contrées est encerclée par plusieurs chaînes montagneuses.Les forets constituent souvent, par leurs présences, un facteur essentiel de maintien de la fertilité et protégent l’Oued Guir contre l'érosi

26 mars 2013

LE DEVELOPPEMENT DURABLE DE LA VALLEE DE LA SAOURA

Identité 

Nom :              HARIDI

Prénom :         Fatma Zohra

Statut :            Doctorante

Discipline 

Aménagement de l’espace, urbanisme

 Rattachement institutionnel :

Ecole doctorale : Economie, organisations et société – Université Paris Ouest Nanterre – La Défense

Année de thèse : 5éme année

Titre de la thèse 

« Développer durable. » La réalité d’un agir (cas des villes-ksour de la Vallée de la Saoura – Algérie) 

 

Résumé : « Développer durable » : La réalité d’un agir (Cas des villes-ksour de la vallée de la Saoura)

Contrairement aux approches développées sur l’environnement et l’activité industrielle pour la gouvernance des villes-métropoles, l’enjeu à déterminer par ce travail de recherche se rapporte relatif aux questions des formes et méthodes du processus de spatialisation économique des villes secondaires à l’ère de la mondialisation.  notamment les villes-ksour de la vallée de la Saoura, Béni-Abbès, Kénadsa et Taghit au sud-ouest algérien.  S’exprimer sur la politique de préservation de l’environnement et sur la qualité de vie de la vallée de la Saoura, voilà l’un des enjeux dont le signifié actuel est une dichotomie résultant de l’évolution temporelle des aspirations individuelles et collectives des populations ksouriennes en matière de qualité environnementale et bien-être  en voie de réalisation par des actions d’une gouvernance territoriale et ses différentes compétences (développement économique, cadre de vie, habitat, déplacement et transport, environnement…) en rapport aux tenants de l’acte « développer durable.»

Mots clés : Développement durable, écotourisme, préservation, patrimoine naturel, l’environnement, initiative locale, équité sociale, qualité de vie, vallée Saoura, Béni-Abbès, Kénadsa, Taghit, Algérie.

Abstract : “To develop durable”: Reality one to act (The cities-ksour of the valley of Saoura - Algeria)

Contrary to the approaches developed on the environment and the industrial activity for the governorship of the city-metropolises, the stake to be determined by this research task refers relating to the questions of the forms and methods of the process of economic specialisation of the secondary cities to the era of universalization in particular the cities-ksour of the valley of Saoura, Béni-Abbès, Kénadsa and Taghit in Algerian south-west.  To express itself on the policy of safeguarding of the environment and on the quality of life of the valley of Saoura, here are one of the stakes whose the meant current one is a dichotomy resulting from the temporal evolution of the individual and collective aspirations from the populations ksouriennes as regards environmental quality and wellbeing  in the process of realization by actions of a territorial governorship and its various competences (economic development, tallies of life, habitat, displacement and transport, environment…) in report/ratio with holding the act “to develop it durable.”

Key words : Durable development, ecotourism, safeguarding, natural inheritance, control, environment, local initiative, social equity, quality of life, Saoura valley, Béni Abbès, Kénadsa, Taghit, Algeria.  

 

 

« Développer durable » : La réalité d’un agir

(Cas des villes-ksour de la vallée de la Saoura)

 

Prostration

L’action « développer durable » est liée à la structure économique profonde et non à la situation économique ponctuelle de villes-ksour de la vallée Saoura, Béni-Abbès, Kénadsa et Taghit au sud-ouest algérien. Cette action  est en soi double et majeur : d’une part elle remet particulièrement en question l’application des politiques publiques urbaines traditionnelles avec leur impact sur l’effet de l’aménagement touristique de la vallée de la Saoura ; d’autre part, elle est la source de la problématique du développement durable saharien relative aux choix des programmes et des actions qui peuvent avoir un impact direct sur la cohésion sociale, les équilibres écologiques et sur l’effet de croissance déjà amorcé à l’échelle du territoire de la Saoura.

L’objectif est de concilier dynamisme économique, préservation du patrimoine naturel, maîtrise des impacts sur l’environnement, équité sociale, et qualité de vie. En  conséquence, la problématique du développement structurel (économique) de la vallée de la Saoura est la conséquence de la fragmentation de la société et le déséquilibre du secteur financier, qui sont  la réflexion des conditions des évolutions économiques.  Concepts qui s’emploient de manière globale à accentuer la rupture entre tous les secteurs de développement.

Toutefois la préoccupation principale reste de savoir : si les villes-ksour au travers d’une gouvernance territoriale inadaptée à leur particularité propre, sont-elle en mesure de se construire de l’intérieur un ajustement structurel face aux nouvelles règles du système du libre  échange pour affronter l’aventure de l’économie de marché non seulement locale ou nationale mais aussi mondiale ? 

La graduation conjoncturelle actuelle de cet effet glissant des politiques de la ville (villes-ksour) pour le développement structurel antérieure à la problématique  « développer durable » qui induit le processus de durabilité particulièrement pour l’activité touristique en tant qu’industrie d’avenir. Il ressort par-là que la l’approche multidimensionnelle de l'industrie touristique (écotourisme), ne saurait s’inscrire durablement que dans la promotion des savoir-faire locaux ; cette situation exige de la politique de  l’aménagement du territoire, de grands travaux générateurs d’emplois de proximité et permanente au bénéfice des populations ksouriennes. Ce qui nous oblige à chercher une adaptation des aides et soutiens de l’Etat dans le cadre de la préservation, de la restauration et de la mise en valeur du patrimoine dans le cadre de la sauvegarde de la mémoire collective. Ces éléments déterminants d’une industrie d’écotourisme durable, ne sont-ils pas les axes directeurs d’une dynamique touristique  totalement basée sur la citoyenneté et « l’adhésion des populations locales à un projet porteur d’espoir pour les générations futures, et d’une meilleure distribution des richesses et une prospérité partagée »[1] en tant qu’élément fondateur du principe d’égalité des chances, en tout lieu du territoire ? 

Pour cela l’adoption d’un schéma directeur d’Aménagement Touristique, dont la particularité est d’intégrer harmonieusement le développement de ce secteur dans le cadre plus global de l’aménagement du territoire est impérative.

Par-là même, cet état provoque une émergence conditionnelle qui réclame par son substantiel un concentré organisationnel pourvu d’une grande faculté d’adaptation et rapidement mobilisable. Cette mesure créée par interférence est un différentiel dans la gérance urbaine (ksourienne) aux conditions déjà très difficiles (pauvreté extrême) caractérisée par une crise de logement et la déconsidération de l’action de requalification environnementale de la vallée de la Saoura où chacun, par ses actions, pourrait être acteur du développement durable d’une industrie touristique de haut niveau si les conditions lui étaient permises.

Si préservation de l’environnement est un des piliers du développement durable, cette mission est transversale et touche l’ensemble des activités de la vallée de la Saoura (développement économique, cadre de vie, habitat, déplacement et transport, environnement…), elle a un rôle particulièrement important à jouer afin d’apporter une réponse durable à ces enjeux. Comment  s’engager pour le développement d’industrie durable comportant des missions importantes, cela ne sera entre autre possible que par la collecte et le traitement des déchets grâce à la mise en place de la collecte sélective dans toutes les communes du territoire de la Saoura, la lutte contre la pollution atmosphérique et les nuisances sonores et l’amélioration de la quantité de l’eau potable ? 

Sur cette perspective apparaît donc le besoin de faire appel à une gouvernance territoriale à travers laquelle l’action « développer durable » et qui proposerait des alternatives qui pousseront les villes-ksour à prendre conscience de l'intérêt de développer une stratégie globale pour un développement territorial qui interroge sur la finalité de cette action. Mais sera-t-elle capable d’être une action innovante  en matière de gestion urbaine pour toute la vallée de la Saoura ? Pourra-t-elle faire renaitre les bases économiques disparues effondrées et pourra-t-elle apporter la prospérité d’antan ?

Mais à ces interrogations, le constat confirme nettement qu’il était difficile d’établir une stratégie globalement adoptée, en l’absence d’une véritable réglementation en matière d’urbanisme touristique et sans prendre en considération des règles strictes pour le développement réglementaire d’un écotourisme ksourien qui respecte l’environnement désertique. Des lois ont été promulguées en 2001  mais les règlements ne commencent à voir le jour qu’en 2003 et ne sont appliqués de nos jours que très timidement. 

S’il est vrai que « développer durable » donne à l’industrie touristique d’aujourd'hui, un caractère éminemment stratégique et tout particulièrement dans la préparation de l’ère de l’après-pétrole, il n’en demeure pas moins, qu’il faut inscrire cette nouvelle dynamique dans une vision de développement durable, préservateur du milieu et des intérêts des générations futures à travers l’ambition d’insérer le développement du tourisme ou l’écotourisme dans une logique de promotion dans la durabilité et d’en faire une source d’emplois et de revenus valorisant l’environnement économique, humain et écologique.

La réalisation de ce schéma peut-elle concilier plusieurs actions à la fois revalorisation du patrimoine, maintenir la qualification environnementale et sociale. Pour cela il importe ainsi de connaître précisément les incidences négatives des divergences entre les tenants de la liberté de développement touristique en tant que secteur drainant des capitaux et les tenants pour une protection et préservation des sites naturels. En somme, les sites naturels et culturels de la vallée de Saoura qu’ils soient protégés ou non, connaissent ces derniers temps une augmentation importante de leur fréquentation.

Projet de recherche : Choix, structuration et outils d’intervention  

Ce projet de recherche est né d’une passion, d’une rencontre et de la découverte d’un territoire féérique : la vallée de Saoura. Vallée sillonnée de petites villes-ksour,  remplie de naturel et d’authentique qui montre qu’en dépit de son immensité désertique, de la pauvreté extrême de ses habitants elle est capable d’offrir un champ de recherche qui va de la contemplation des lieux à la rencontre des ksouriens. Ceux-ci ont pu démontrés par leur agir quotidien et leur bon sens acquis par leur vécu dans ce monde et de ses lois climatiques rudes que : c’est là une des voies possibles du « développement durable »  et s’il existe des territoires algériens cités en exemples  de développement durables : la vallée de Saoura en est le meilleur.

La passion de ce monde désertique et féérique à la fois a fait naitre en moi la conviction que la connaissance réelle de ce territoire, ici fait de  trois oasis de la vallée de la Saoura : Béni-Abbès, Taghit et Kénadsa m’offre un terrain de recherche très pertinent et très passionnant.

            Cette recherche est large d’abord, par son ouverture à l’un des concepts les plus vastes « le développement durable » et à ses concepts  telles que l’équité, la durabilité, la solidarité, la protection, la sociabilité et la dignité qu'elle aborde d’une part et d’autre part par les actions notamment l’action de solidarité et l’action participative des populations locales qu’elle présente dans une réflexion à la fois appliquée et pragmatique. Cette réflexion est empreinte de réalité et d’expériences vécues ksouriennes à travers lesquelles se construit l’essence du  concept « développer durable » une activité touristique ksourienne. 

Cette recherche se propose ensuite d’analyser les modalités d’application des principes universels du développement durable pour voir si ces principes universels se maintiennent ou se réfléchissent malgré le changement  d’échelle (du global vers le local). Elle s’interroge ici aussi s’il n’est pas possible de prendre en compte la singularité de chaque territoire et partir de la considération  qui pense  l’initiative locale comme le moteur principal de l’épanouissement de la vie ksourienne et de la réelle évolution de la vallée de Saoura en matière de tourisme équitable. 

La première partie de cette recherche que j’intitule « Poétique et géographie des ksour » estune invitation à comprendre l’histoire naturelle de ce territoire magique. Cette partie comprend huit chapitres qui présentent l'environnement, le vécu, la poétique de la vallée et l’imaginaire ksouriens. L’outil d’intervention utilisé pour cette partie est la « description ». Dans cette perspective, cette décrit  de manière générale la situation sociale, économique, culturelle et le rapport qu’établit le ksourien avec son environnement immédiat.

La deuxième partie contient treize chapitres, son intérêt est de savoir comment la notion « Pari d’un tourisme sensible », a pris sens à traverstoutes les initiatives : internationales, nationales et surtout locales effectuées pour « développer durable » ces oasis depuis ces dernières années. A ce niveau, l’analyse traite la mise en œuvre de toutes ces initiatives du point de vue financier en rapport au développement économique, de l’action participative en rapport au développement social, de la protection des grandes zones naturelles par rapport à l’activité touristique proposée et surtout évalue le degré de sensibilisation des ksouriens et la réalité de leur agir vis-à-vis de leur environnement.

Les outils d’intervention utilisés pour la réalisation de cette deuxième partie sont : le diagnostic avec la définition d’un modèle d’interprétation des données recueillies et l’évaluation du degré d’application des principes universels vis-à-vis de l’action « développer durable » une activité touristique projetée à un territoire tel que la vallée de la Saoura. Les données sont recueillies à partir de la parole d’habitants, des observations, des relevés, de l’analyse des cartes géographiques, des photographies et des questionnaires (interviews des habitants des deux sexes et tous âges). La détermination d’indices d’évaluation est définie à partir des exigences liées à la spécificité  propre à notre thématique à notre problématique et à nos hypothèses de travail comme par le degré d’investissement des associations dans gestion du secteur touristique et le degré  d’enseignement fixé au choix « développement durable » à grande échelle à l’agir ksourien sur leur terrain à l’échelle locale.

 

 

 

 

 

 

 

 

Articulation de la thèse au champ du développement durable

  1. Le pari d’un tourisme sensible

            Un vieux fonds d’arguments

Le tourisme dans la région de la Saoura a profondément changé. Il se trouve aujourd’hui hors de son qualificatif classique de forme et traditionnel de contenu. Depuis une dizaine d’années déjà, les aspects de son offre et ses prestations de services sont devenus très hétérogènes. Ces nouvelles formes maintiennent l’impact de l’enjeu du développement local qui s’affirme de l’intérieur suivant tout le processus du renouvellement urbain au travers l’action « développer durable » par une redynamisation structurelle du maillage territorial à travers toute la vallée de la Saoura. L’action induite par le développement touristique dans la durabilité, se fonde sur l’exploitation des ressources à la fois matérielles et spirituelles. Si l’on prend en considération les dimensions esthétiques, sociales et culturelles du patrimoine existant, cette action reste rattachée notamment aux études d’impact concernant les ressources rares et fragiles comme l’eau.

Le redéploiement économique commence à se relever considérablement grâce à la création de holdings à partir des années 90, organisés en fonction des marchés des opérateurs constitués majoritairement de travailleurs issus des anciennes structures touristiques publiques. Cette étroite inversion de la gérance des activités touristiques vit une situation tendue, car habituée pendant très longtemps à de faibles capacités d’autofinancement. A  l’origine la grande partie des capitaux venait de financement et subventions publics. Malgré l’apport de diverses aides financières en plus de la sensibilisation des différentes associations qui conviaient tous les acteurs du tourisme pour leur éventuelle implication dans ce vaste programme de développement structurel et économique pour leur région, cette tentative est très louable pour le moment. 

Elles proposent ainsi aux investisseurs privés locaux ou autres, de renforcer leur participation à travers la prise en charge du dispositif d’accueil (structures d’hébergement, de restauration et de transport). Si cette action de participation associative a pris un essor non négligeable au nom du soutien à la création d’emplois, elle demande plus d’autonomie vis-à-vis des politiques locaux.

Les transformations survenues traduisent promptement l’amélioration considérable de l’offre locale sur la perspective de l’action « développer durable » une activité touristique. Ces logiques ont requis trois actions d’exploitation :  

La plus urgente était nécessairement la réforme des institutions touristiques publiques et privées en commun accord avec des associations institualisées, sous forme de petites compagnies, de sociétés commerciales et de petites coopératives.

En second lieu, la gestion de l’activité touristique s’était exécutée dans un cadre coopératif qui relève du niveau international, national et local. Le renforcement du rôle et place des collectivités locales dans l’ajustement des nouvelles initiatives financières, a eu un écho remarquable. Il est déterminant pour la relance de la croissance de l’offre selon les prévisions d’instituer une industrie touristique forte et réglementée.

Troisièmement, la vallée de la Saoura est parvenue à se doter d’un véritable programme touristique, ne lui manque qu’organiser de manière fiable sa quête d’investissement ave des partenaires sérieux et respectueux de l’environnement.

Bien que ces trois actions se félicitent d’avoir obtenu des réseaux institutionnels internationaux et nationaux, des aides financières qui contribuent à la réalisation de ce programme ;  l’initiative au niveau local reste mal programmée et peu ouverte aux créativités individuelles par  l’amélioration de l’accès à l’information et à la formation. C’est pourquoi, il est difficile peut-être à ce niveau pour l’activité touristique d’intégrer à la fois éthique et qualité, de préserver des sites, de lutter contre la pauvreté et de garder notamment sa fonctionnalité originelle de créatrice d’emplois directs et indirects. Quant à la promotion de la diversité culturelle, elle vient en complément des mesures de soutien à la créativité dans les domaines de l’artisanat et des expressions artistiques vivantes à travers les festivals et les festivités, et l’existence d’hôtels de charme qui commencent à sillonner toute la vallée, Ainsi que des projets nouveaux et ambitieux ont vu le jour. 

  1. Des projets nouveaux et ambitieux

L’initiative internationale

Projet «  Biodiversité des zones arides » (Nations Unies)

A ce stade d’intervention, se trouvent les « nations unies »[2]7 qui sont partie prenante dans la conservation et le développement touristique des zones désertiques. Son action première, c’était d’intégrer une réserve transfrontalière en parc naturel. De ce point de vue, l’étendue du territoire de la Saoura avait retenu l’intérêt au niveau du contexte mondial et en particulier le territoire de Taghit. Ce programme vient appuyer les actions introduites pour freiner la dégradation des ressources naturelles au niveau de l’oasis. Les pouvoirs publics ont délimité les zones à aménager pour la conservation de la faune, de la flore et leur milieu physique. Ces aires sont devenues également des « aires protégées » et classées réserves de la biosphère par l’UNESCO.

Le programme est inscrit sous le libellé « ALG/00/G35 » portant sur la « conservation de la biodiversité et gestion durable des ressources naturelles en zones arides et semi-arides ». Associée à ce programme l’administration générale des forêts de Béchar, en qualité d’agence d’exécution. Celle-ci s’engage à instituer un développement durable de ces espaces naturels  par la gestion rationnelle des ressources rares. En parallèle, l’autre intérêt du programme, était d’associer les populations locales et riveraines. Il engagea également la participation et la contribution des mouvements associatifs locaux qui travaillent dans le domaine de la protection de l’environnement, comme l’association «Le tourisme qui respecte l’environnement»[3] (TQRE) et le réseau « L’appel des oasis » (Réseau Associatif de Développement Durable des Oasis)[4] (RADDO).

Le parc naturel programmé s’étend sur le territoire des daïras de Taghit et de l’Abadla, sur une superficie de 85 000 ha extensible à 200 000 ha. Composée d’une étendue infinie de sable qui se monte à 60 % de la superficie totale.  Le reste de la superficie soit 40 % se compose de palmeraies et de forêts verdoyantes sur plus de 18 km2. Le lac des oiseaux ou (dayat ettiour) se déploie sur une surface de 12 570 ha. Le parc est une merveilleuse curiosité, où se trouvent de nombreuses variétés florales, dont les plus importantes sont des végétations endémiques propres aux zones sahariennes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Elles constituent diverses variétés comme l’acacia radiana, la steppe à arthrophytum scoparium, en plus d’une dense végétation au niveau des lits des oueds à base de tamarix typha et autres, ainsi que les végétations peuplant les regs et la hamada où l’on ne trouve que des plantes basses. De nombreuses espèces animales s’y trouvent également à l’exemple du mouflon à manchettes, des gazelles dorées, de la gazelle leptoceros, du fennec, du renard et du chat du désert ainsi que de nombreuses autres espèces animales propres à ce climat aride.

Projet « Les routes des ksour » [5]

De son côté la concrétisation des actions mises en place à partir des instruments d’aide à la décision pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement(OMD), initié par Nations Unies pour le développement en Algérie (PNUD), le gouvernement algérien avec l’aide de l’UNESCO, compagnie pétrolière norvégienne (STATOIL) et la compagnie pétrolière américaine Anadarko (LLC) se trouve le projet pilote « appui au développement local intégré»[6]

« Les routes des Ksour », c’est avant tout un programme qui vise d’une part à reprendre les anciennes routes des caravanes commerciales du Sahara ; et d’autre part la remise à niveau des conditions de vie des populations locales les plus démunies, pour qu’elles arrivent d’elles-mêmes à assurer leur propre développement. En outre, les deux autres projets « La route de l’or » et « La route de l’encre » sont programmées pour une éventuelle redynamisation. Ces circuits mythiques et légendaires n’ont pas encore vu le jour. Sans oublier le lancement du circuit « Le pèlerinage » vers la chapelle du père Foucault à Béni-Abbés qui est entrain de se structurer graduellement. 

Les interventions concrètes réalisées dans le cadre de cette opération (Les routes du ksour) ont commencé depuis juillet 2005, pour une durée de trois ans, 22 habitations traditionnelles ont été réhabilitées en hébergement touristique labellisé (maisons d’hôte, gîtes d’étape) au sein des Ksour de Taghit, Béni-Abbés, et Kénadsa ; 2 campements de tentes fabriqués par l’association de femmes à Béni-Abbés « le tissage un avenir » ; 3 restaurants traditionnels de haut niveau culinaire ; 3 hammams traditionnels ; 1 bibliothèque ; 6 sièges d’associations ; 5 coopératives de femmes concernant le tissage et la poterie.

Projet « la biodiversité et la durabilité » (FMI)

Le FMI[7] également intervient en allouant pour l’oasis de Taghit un budget de 660 millions dinars algériens (588,000 $US)  pour l’installation d’un fonds de traitement des eaux  usées, au niveau de la palmeraie. Le FMI travaille en synergie avec les projets gouvernementaux concernant la réhabilitation de plusieurs oasis, pour lutter contre la désertification et en particulier dans la vallée de Saoura, pour promouvoir et qualifier la planification de l’utilisation des terres. 

Projet « l’éco-tourisme » (Agenda 21)

Le lancement du programme du tourisme culturel durable dans la vallée de la Saoura est une initiative de l’Agenda 21[8](Franco-Algérienne). Ce programme est nait de la prise de conscience du problème de l’extrême fragilité de l’écosystème en milieu désertique, et concrétise les recommandations adoptées lors de la Conférence des Nations unies de Rio en juin 1992. Il aborde, dans son article 12, le problème de la désertification en précisant qu’il concerne un sixième de la population mondiale. D’où ses efforts pour protéger tous les attraits des villes-ksour.  

L’initiative nationale

Le Plan sud

L’intervention gouvernementale s’est concrétisée à travers le Plan Sud, par la mise en place d’un fonds spécial pour le développement des régions du Sud, (FRDRS)[9], dont treize (13) wilayas, regroupant 258 communes étaient concernées. Le FRDRS concerne une superficie de 2.058.543 km² et concentre une population de 4.032.483 habitants (RGPH 98), soit 83,97 % de la superficie totale du pays et 13,75% de l’ensemble de la population nationale. En rapport à notre thématique, le regroupement (Saoura-Touat-Gourara), dispose d’un grand nombre d’éléments d’intégration territoriale, capables de structurer un maillage infrastructurel de grande cohésion territoriale entre les trois wilayas, Béchar, Adrar et Tindouf. En dépit de la richesse des potentialités dont jouit tout le regroupement, le coté touristique de la Saoura a perdu son rôle de créateur naturel d’emploi.

Cette faiblesse est conséquente à la concentration de l’essentiel des activités touristiques au chef lieu de wilaya. Ce fait l’empêche en premier lieu, de réhabiliter des équipements d’accueil, d’impulser, de structurer et de coordonner les dynamiques de développement de son aire d’influence et encore moins, d’attirer des capitaux. Et en second lieu, cet état d’impuissance est une menace pour les ksourien qui sont déjà victimes de l’exploitation irrationnelle des ressources hydriques non renouvelables, de la déstructuration du cadre bâti, de la dégradation du système agricole que constitue le secteur Abadla avec le barrage  Djorf Torba, l’effritement des solidarités sociales locales (Kénadsa - Taghit – Béni- Abbès - Timimoune…)

Les dysfonctionnements constatés à l’échelle du territoire de la Saoura seront-il résolus par l’adoption d’une stratégie fondée sur l’optimisation des atouts compris à l’échelle de tout le regroupement (Saoura-Touat-Gourara) dans la vision territoriale d’un développement mutuel responsable. Ce développement peut-il  s’inscrire dans le cadre d’un  co-développement fondé sur une plus grande compétitivité de ces territoires transfrontaliers ? Comment à travers cette perspective ouvrir à l’ensemble du regroupement sur l’intercommunal, le régional, le national et l’international ? 

Interventions concrètes

Les secteurs de la culture et du tourisme au niveau du territoire de la Saoura ont bénéficié au titre du FRDRS de 7 importants projets. Ces nouvelles réalisations viennent étoffer les infrastructures culturelles et touristiques déjà existantes en vue de leur renforcement. Le budget alloué à ces réalisations s’élève à 660 millions dinars algériens. Il s’agit notamment d’un institut de musique ; 3 théâtres régionaux de 500 places chacun. Dans le cadre de la promotion et du renforcement de la lecture publique au niveau des régions éloignées des grands centres urbains, il y eu l’acquisition d’équipements didactiques, d’ouvrages et de manuels au profit de 20 bibliothèques communales. La réalisation de 2 schémas de sauvegarde des ksour pour Taghit et Béni-Abbés, classés patrimoine architectural national et 2 sites de stations récréatives au niveau des gravures rupestres de Taghit sont en voie d’achèvement.

La réhabilitation de certaines parties de ces villes-ksour est prise en charge dans l’optique d’une attribution au profit du tourisme Au sujet desquelles plusieurs réalisations ont été finies dont, 2 lieux d’installation de dispositif d’accueil, sous forme de tentes nomades à Taghit et Béni-Abbès, de capacité allant de 30 à 40 places, appelés « les nomades ». Pour Kénadsa, il y a eu la restauration de la « Douïra », la maison du cheikh avec ses grandes salles d’accueil mises à la disposition des invités et des visiteurs.

L’initiative locale

L’initiative au niveau local reste variable d’une oasis à une autre, en égard aux potentialités touristiques,  à l’offre du produit et au flux des touristes. Si les oasis Taghit et Béni-Abbés tournent autour de l’attractivité de leur site naturel et ses abondantes curiosités, Kénadsa compte plus sur le rayonnement de sa zaouïa. C’est son cheval de bataille pour conquérir et pénétrer des marchés plus importants. Bien qu’une amélioration se dessine par la diversité de l’offre de son produit touristique, celle-ci ne lui ouvre pas encore de sérieux débouchés.  L’ensemble de son micromarché n’est géré  que par  des agences de voyages privées appartenant soit à des coopératives familiales dépendant de petites compagnies aériennes, soit à des coopératives de jeunes entrepreneurs et le plus souvent par des formations informelles notamment au niveau de l’organisations de circuits.  

En plus, la création de huit (8) associations est venue renforcer le mouvement associatif de la région. Elles sont pour la plupart des associations de quartier, Ennasre, El Kadissiat, la liberté, l’indépendance, l’association de protection des routes du docteur Thirichi et l’association El Hillal de la Saoura organisatrice du festival « Nuits de la Saoura ».  Il y a aussi des associations telle la  « Fondation des espaces ksourien[10]»pour l’émancipation de la vie quotidienne des ksouriens faisant partie du secteur touristique.

L’activité touristique montre qu’elle est capable de se structurer d’une part, grâce au concours solidaire entrepris par tous les acteurs du secteur public avec l’implication active de la société civile et des partenaires économiques et sociaux notamment à travers le mouvement associatif. D’autre part, grâce à l’application des principes des concepts durabilité et compétitivité qui assurent les conditions de développement et de promotion.

Cette jonction a pour but et pour ambition l’élévation du P.I.B, la création d’emplois directs et indirects, l’amélioration de la qualité de vie de la population, l’enrichissement culturel de cette dernière, sa sensibilisation à la culture touristique et la valorisation de son patrimoine historique et culturel dans le respect de son identité millénaire.

            Pour que la  vallée de la Saoura demeure la « Rue des palmiers »[11], le carrefour des civilisations de la Méditerranée et de l’Afrique,  le fondement mythique de ces milieux difficiles, le vivant secret de l’imaginaire des ksouriens, le lieu rêvé et l’espace de réalité qui enferme les représentations des uns et des autres dans un  ensemble de mondes où chacun d’eux cherche à reconstruire son présent urbain et culturel.

On peut rappeler à cet égard, que l’action « développer durable » la vallée de la Saoura : ce jardin où l’eau jaillit miraculeusement, cette action laisse poser sur ce territoire un autre regard, et aussi, et surtout  d’autres possibilités de développement.

Consciente de la lenteur du rythme de développement actuel de ce territoire, paysage traversé par une crise économique grave qui le mine à son ensemble la Direction de l’Administration Locale (DAL) (Autorité décentralisée ayant à peu près le mêmestatut que les collectivités territoriales en France) des communes de la Saoura, pilote un programme de développement structurel complémentaire pour une période de quatre ans (2005/2009).

Les propriétaires des habitations des ksour préfèrent  que l’aide la DAL soit orientée vers la réhabilitation des ksour. Ils sont prêts à reprendre en main leurs propriétés si les collectivités locales s’engagent à les assister, car la plupart d’entre eux ont des revenus très modestes.

D’autres efforts ont été consentis : l’acquisition de divers équipements destinés au secteur éducatif,  les plans concernant l’état des réseaux pour la réalisation des infrastructures ont été tous passés en revue pour un éventuel réaménagement. Les projets pour l’alimentation des ksour en eau potable et leur connexion au réseau d’assainissement sont par ailleurs inscrits dans de nouveaux programmes de coopération internationale (FMI).   

Autrement dit, les travaux réalisés dans le cadre du programme spécifique de la réhabilitation lancé par ministère de la culture qui entre dans le cadre de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)[12] avec le concours de l’ONU n’ont concerné que la réalisation de plusieurs structures socioculturelles dans les trois oasis.  À titre d’exemple, la restauration de la Zaouïa à Kénadsa, la réalisation d’un musée municipal qui regroupe pièces d’archéologiques, archives de l’armée, plan de  fouilles, livres historiques et archives cartographiques et un centre culturel qui intègre plusieurs activités : l’informatique, la couture…

Ce dernier se compose de l’ancienne salle de cinéma très active durant les années (50) et qui  n’ouvre  aujourd’hui  que les jeudis, une maison de jeunes avec une salle d’Internet et une bibliothèque enrichie de nombreux livres, un complexe sportif, une piscine, un stade, une salle omnisports et un club de karaté.

            « Développer durable »  une industrie touristique raisonnée : La réalité d’un agir

L’évolution de l’activité touristique récente et la nouvelle gestion du territoire de la vallée de la Saoura, montrent que si le territoire de la vallée de la Saoura reste dans l’imaginaire des ksouriens l’émergence du poétique, le lieu de ressourcement, l’espace de traditions et de solidarité, le formatage actuel de la culture urbanistique laisse bien peu de place à la pensée libre et à l’innovation individuelle. Une double prérogative – condition de production urbaine et rattachement au renouvellement urbain -  commence à s’imposer même si elle n’est que timide.  

Les acteurs locaux soucieux de cette situation soutiennent cette stratégie développante en cours de réalisation. Mais devant les retards, les immobilisations prolongées de chantiers et les surcoûts enregistrés, tous leurs efforts ont été presque vains et ils se sont sentis rapidement dépassés. Face à cet état de fait ils cherchent  à créer à leur niveau un outil, schéma d’aménagement touristique qui supprime les rigidités des procédures, assurant la flexibilité nécessaire pour l’amélioration du cadre de vie ksourienne, une requalification urbaine et une préservation de l’environnement de l’ensemble des villes-ksour de la vallée de la Saoura.

      Le schéma d’aménagement touristique est l’outil providentiel. Son mode d'action déjà expérimenté ailleurs, rehausse l’innovation,  esquisse le cadre adéquat pour promouvoir la politique de requalification urbaine et la préservation environnementale et l’amélioration du cadre de vie ksourien.   

Le défi à relever par les acteurs initiateurs, outre l’incitation au développement économique et social permet  d’aller vers  l’unification  du système de référence à partir de  règles relatives à la culture spatiale ksourienne et des leçons inspirées de la vision paysagère de ces oasis, de leur passé ancestral et de leur réalité anthropologique complexe.

L’enjeu du défi à relever doit d’une part viser - à travers cet outil : le schéma d’aménagement touristique - la création d’une charte pour les ksour susceptible de donner les prémisses de relance convergeant de la concertation citoyenne et le renforcement des liens de coordination avec les élus locaux qui s’inscrivent résolument dans les pratiques d’intervention du renouvellement urbain.

La charte des ksour initiée comporte notamment deux déterminants d’abord la condition d’assurer le passage d’une institution imposée à une institution négociée, c’est-à-dire à une institution considérée non plus comme un cadre figé mais comme un construit social, produit par l’ensemble des acteurs impliqués sur ce territoire, ensuite la condition de renforcer les autres niveaux locaux d’appartenance, en particulier l’institution communale.

La charte des ksour  comporte les règles de déontologie instaurées sous forme de contrat signé entre l’Etat, les collectivités locales, les établissements publics et les associations.  

 

 

 



[1] Halem  Massica : « L’écotourisme ksourien : un moteur de croissance et un acte citoyen », in « Le Quotidien d'Oran » du 13 février 2008.

[2] Nations Unies (organisation) (2002) : « Rapport final  du séminaire : Développement durable de l’écotourisme dans les zones désertiques » - Les 21 et 23 janvier à Alger (Algérie). Séminaire préparatoire de l’Année internationale de l’écotourisme (AIE). 

[3] Association régionale du sud ouest : créée en 2002 (Mars)

[4] Le réseau Associatif de Développement Durable des Oasis : a été créé décembre  2003 à Béchar (Algérie) sous la motion « l’appel des oasis ».

[5] Projet pilote de l’UNESCO « les routes des ksour » pour la vallée de la Saoura mise en œuvre à partir  des recommandations de la conférence générale du 31 novembre 2000 à Paris (France), relative au thème transversal de la « lutte contre la pauvreté : Le Sahara des cultures et des peuples » qu’a été mis en place un plan d’action qui s’inscrit dans les prérogatives du sommet mondial sur l’écotourisme. Le projet à démarré   après les accords de Ghardaïa (Algérie).

[6] Budget total estimé pour chacun des trois partenaires : 1.258.300 USD, participation de chaque partenaire financier : Gouvernement algérien : 206 000 USD ; PNUD: 400 000 USD ; UNESCO : 17 500 USD, STATOIL : 550 800 USD, ANADARKO: 84 000 USD.

[7] Fond monétaire international (FMI)

[8] Cf. chapitre 28 (L’Agenda 21) de la conférence planétaire de Rio (1992), qui ont pressé les acteurs (décideurs et gestionnaires) locaux à construire des programmes à partir des principes du développement durable en rapport aux réalités de leurs territoires.

[9] Cf. Le rapport relatif aux programmes éligibles au financement d’un fond national spécial pour le développement des régions du Sud algérien, (avril 2001) établi par le Ministère de l’Aménagement du territoire.

[10] Cf. La fondation des espaces ksouriens a été créée le 29 janvier 2005, elle organise avec l’appui financier de la CEE, un atelier d’échange international et avec la participation de plusieurs associations algériennes et deux associations françaises, et des associations d’étudiants en architecture (franco- algériens)

[11] Henri de Kerillis (1925) : « De l’Algérie au Dahomey en automobile », Paris, éd. Plon-Nourrit, p. 86

[12] L’Algérie était parmi les 189 pays qui avaient adopté la Déclaration du Millénaire en septembre 2000 à l’issue du Sommet du Millénaire qui a réuni les chefs d’Etat du monde entier à l’invitation du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) issus des actions et cibles contenues dans la Déclaration : il s’agit de huit objectifs à atteindre d’ici 2015 afin de répondre aux principaux challenges de développement dans le Monde.

Posté par BELAID Tahar à 13:30 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    la publication de l'article

    Je remercie les responsables du site de publication.
    Je voudrais avoir plus d'informations sur ce site de pulication.
    HARIDI Fatma-Zohra auteure de cet article

    Posté par haridi fatma, 16 décembre 2015 à 22:43

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